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Journée internationale de la fille : Le Burkina Faso face aux enjeux et défis des grossesses en milieu scolaire

dimanche 10 novembre 2019

Chaque 11 octobre, le monde célèbre la Journée internationale de la fille. Le vendredi 8 novembre 2019 à Tenkodogo, dans la région du Centre-Est, le Burkina Faso a commémoré cette journée en différé, en présence des acteurs de l’éducation et des élèves de cette localité. Il s’est agi de mobiliser la communauté éducative sur le maintien et la réussite des filles à l’école.

« Les grossesses en milieu scolaire : enjeux et défis ». C’est sous ce thème que le Burkina Faso a commémoré la 8e Journée internationale de la fille à Tenkodogo, dans la région du Centre-Est.

Selon la deuxième adjointe au maire de Tenkodogo, Diane Oubda, ce thème interpelle chaque acteur de l’éducation, car il faut multiplier les efforts pour arriver à bout de ce phénomène.

A en croire les statistiques, le système éducatif burkinabè enregistre chaque année de nombreux cas de grossesses. En 2016-2017, le service des statistiques du ministère de l’Education nationale a dénombré 7 050 cas de grossesses au post-primaire et secondaire, soit une augmentation de 31,8% par rapport à l’année 2015-2016 (5351 cas). De même, 58% des filles en grossesses ont un âge compris entre 15 et 18 ans.

« Mettre l’accent sur l’éducation des filles »

Face à ces chiffres alarmants, le ministère de l’Education nationale dit travailler à mettre en place un socle de stratégies pouvant assurer la scolarisation et le maintien des filles à l’école et aussi endiguer le phénomène des grossesses précoces. « Nous devons mettre l’accent sur l’éducation des filles parce qu’elle est essentielle pour leur autonomisation économique et leur participation quantitative dans leur société », a insisté le ministre en charge de l’Education nationale, Pr Stanislas Ouaro.

Quant à la ministre de la Santé, Pr Claudine Lougué, marraine de cette journée, elle a indiqué que la question des grossesses en milieu scolaire et plus spécifiquement celles précoces, est une préoccupation nationale. C’est pourquoi, en plus du référentiel « Zéro grossesse en milieu scolaire » élaboré en 2017, Pr Claudine Lougué invite la communauté éducative à une synergie d’actions afin que « les filles se consacrent principalement à leurs études ».

Dans son intervention, le ministre Stanislas Ouaro a rappelé que c’est dans un contexte sécuritaire difficile, caractérisé par un radicalisme et un extrémisme violent, que le Burkina Faso commémore cette journée. L’éducation de filles devient, selon le ministre, de plus en plus une nécessité et une arme pour lutter efficacement et durablement contre le terrorisme. A titre d’illustration, le patron de l’éducation burkinabè a cité Dr Eleanor Nwadinobi, conseillère auprès du Fonds mondial pour les femmes au Nigeria : « La seule raison pour laquelle Boko Haram voit l’éducation des filles comme une menace, c’est parce que ce groupe est conscient du potentiel considérable et du pouvoir immense d’une fille instruite. »

Séance tenante, les filles de Tenkodogo disent prendre conscience du rôle qu’elles doivent jouer dans la lutte contre ce phénomène. « Nous prenons la ferme et solennelle résolution d’accompagner nos parents, nos enseignants, les autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses, les associations et les ONG, dans la sensibilisation par tous les moyens de nos camarades afin d’endiguer ce fléau », a déclaré Esther Yéréga, la représentante des filles.

En rappel, depuis 2011, la communauté internationale célèbre chaque année, la Journée internationale de la fille le 11 octobre. Cette Journée vise à mettre en lumière les besoins spécifiques des filles et à répondre aux défis auxquels elles font face afin de booster leur scolarisation. Elle promeut ainsi l’autonomisation des filles et l’exercice de leurs droits fondamentaux. Cette 8e journée est placée sous le thème international « Avec elle : encourager l’instruction et la qualification professionnelle des filles ».

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

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