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Bertine Ouédraogo, animatrice de Web TV : De la diplomatie à la caméra, le parcours d’une femme qui valorise la femme

jeudi 5 septembre 2019

Faire connaître nos braves femmes qui sont toujours méconnues du grand public afin de stimuler l’esprit entrepreneurial chez les jeunes, c’est l’objectif que s’est fixé Bertine Ouédraogo. Après avoir visionné des contenus sur des femmes battantes, elle a décidé de louer la bravoure des femmes africaines en général et des femmes burkinabè en particulier. Elle a opté de donner de la valeur à ces héroïnes qui se battent jour et nuit en créant son concept « Zoom sur une femme battante ». Dans une interview qu’elle nous a accordée, elle nous dévoile son parcours.

Lefaso.net : Quelle est votre source de motivation pour cette activité ?

Bertine Ouédraogo : Au tout début, je prenais du plaisir à animer ma page Facebook avec des contenus sur l’entrepreneuriat féminin. Quand j’ai vu que les gens me suivaient, j’ai créé une autre page dédiée spécialement à l’entreprenariat féminin. Alors j’ai commencé à aller dans les villages et les provinces, à la rencontre des femmes pour alimenter la page. Le bilan, pour moi, est positif. Lorsque je commençais, je venais de finir mes études et je voulais inspirer les jeunes.

Ecouter les témoignages des femmes me donne la force d’entreprendre. Je le faisais avant, parce que tout simplement j’aimais mettre les femmes en avant. Mais au fil du temps, des chaînes de télévision m’ont approchée pour me demander si elles pouvaient avoir mes contenus. C’est alors que j’ai compris que ce que je fais est d’une grande importance. Lorsqu’une femme vous dit par exemple, « quand tu as fait un article sur moi, on a payé mon Faso danfani », cela vous donne la force d’avancer.

Cette activité vous procure-t-elle des revenus ?

Sur le plan financier, je peux dire que c’est encore coincé et retenez que je me suis engagée dans ce métier par passion. Je voulais à tout prix apporter ma contribution à la valorisation de l’entrepreneuriat féminin. Je n’ai pas eu de partenaires en tant que tels pour le moment mais j’ai foi que je sortirai victorieuse de ce combat pour aider les femmes.

Parlez-nous de votre web télé

« Avoir des idées, c’est facile ; mais les mettre en pratique est difficile ». Il faut bien des gens qui nous servent de modèles. C’est dans cette logique que je galvanise les jeunes en leur montrant des vidéos des femmes qui se battent. Au début, je faisais un zoom sur une femme battante, chaque semaine ; mais maintenant, je voyage hors du Burkina Faso pour rencontrer des femmes modèles en matière d’entrepreneuriat pour que l’inspiration soit de taille. Depuis un certain temps, je suis passée en mode télévision pour permettre aux téléspectateurs de mieux me suivre, car on dit souvent qu’« une image vaut mille mots ».

C’est ainsi qu’est née « Positiv », une télé digitale ayant pour objectif de faire la promotion de l’entrepreneuriat féminin. Une télé qui prend en compte la dimension positive de la femme africaine. Les gens s’y intéressent et je n’arrive même pas à les satisfaire. En trois mois, j’étais à 3 000 visiteurs. Les internautes apprécient l’idée de mettre les femmes burkinabè en avant. Elles arrivent à se faire des partenaires grâce aux publications. Je ne m’intéresse plus au Burkina seulement, je me rends au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Niger pour rencontrer des femmes.

Comme je ne peux pas employer des gens pour le moment, je me suis formée à la caméra et je fais tout moi-même. C’est-à-dire que je filme, photographie et monte les vidéos moi-même. Mais quand c’est pour un travail qui ne relève pas de mes compétences, je fais appel à d’autres spécialistes. Je suis directrice d’une entreprise de communication, « Merveille », qui est chargée de la production et de la diffusion de mes contenus.

Qu’avez-vous fait comme formation universitaire ?

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Bertine à la rencontre des femmes à kaya

Je suis détentrice d’un master en diplomatie et relations internationales. Mais cela ne m’a pas empêchée d’accroître ma passion pour la caméra. Cette transition ne se justifie pas comme une incompétence, mais c’est simplement pour me sentir mieux dans un domaine autre que ma formation de base. Pour beaucoup de mes amis et proches, c’est inadmissible mais moi je persévère car c’est cela que j’aime.

Quand on exerce un métier qu’on a choisi par passion, on ne peut qu’être vraiment fière. Cela ne veut pas dire que ma formation ne m’a pas servi ; au contraire, c’est le sens de la négociation qui facilite mes contacts avec ces femmes. On n’est pas prédestiné à un métier, on donne seulement vie à nos compétences. Je rends grâce à Dieu qui me permet de réaliser ces projets.

Rencontrez-vous des difficultés ?

Comme dans n’importe quelle autre activité, les difficultés ne manquent pas. Je fonctionne sur fonds propres ; vous comprendrez donc que c’est difficile. Surtout qu’il faut tout le temps investir, c’est ce qui fait que les vidéos que l’on a, les spots publicitaires ne sont pas encore sortis.

Et les voyages me coûtent beaucoup, surtout quand on veut aller hors du Burkina. Plus on a une pensée positive pour quelque chose, plus la possibilité de la réaliser devient grande. Moi j’ai commencé avec mon téléphone et mes 50 mégas mais à la longue, j’ai pu payer un kit audiovisuel. C’est pour dire aux jeunes de toujours oser, d’avoir la détermination jusqu’au bout et le meilleur viendra.

Interview réalisée par P. M. OUEDRAOGO

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