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Entreprenariat : Fadilatou Kaboré, une femme qui « mange » dans la pomme de terre

mardi 11 juin 2019

50 000 F CFA. Même pas le prix d’un bon smartphone, encore moins de quelques boules de mèches naturelles, pour les personnes aisées ! Et pourtant, cette modique somme sera le fonds de démarrage d’une activité qui fait la fierté de sa promotrice, Fadilatou Kaboré : la distribution de la pomme de terre. Portrait.

Après ses études à l’Institut supérieur polytechnique privée (ISPP), où elle obtint une licence en Gestion des ressources humaines, Fadilatou Kaboré se lance dans la vente d’accessoires de beauté, avant de gérer un restaurant. Cette activité ne rapportait pas beaucoup, à l’en croire. Un jour, en voulant acheter des pommes de terre pour le repas du soir, elle tenta de marchander. De la discussion, une idée vint à lui trotter dans la tête : mettre la main sur un grossiste et se professionnaliser dans la distribution de la pomme de terre.

Au départ, l’hésitation est forte car sa brève expérience dans la restauration hantait encore son esprit. Après trois jours d’intenses négociations avec le grossiste, elle finit par se convaincre de la nécessité d’oser. La décision est prise. Ainsi naquit « Les merveilles de la nature ».

Fadilatou n’avait que 50 000 F CFA comme fonds de démarrage. Elle ne considèrera pas cette situation comme un obstacle, mais, prenant son courage à deux mains, elle décide de prendre quelques sacs avec cette somme. Le grossiste, rompu dans l’activité commerciale, l’inonde d’encouragements. Pour écouler la première vague de sa marchandise, elle a eu recours aux réseaux sociaux. Elle créa sa page Facebook et un compte WhatsApp avec l’aide de ses chargés de communication.

Satisfaite de l’écoulement de cette vague, elle réédite l’exploit et la mayonnaise prit. Aujourd’hui, « Les merveilles de la nature » ravitaille particuliers, ménages, restaurants et hôtels de la place. Aux pommes de terre sont venus se greffer les oignons, le haricot vert, les fruits et légumes de toutes sortes. « L’entrepreneuriat pour une femme, c’est d’abord son épanouissement, l’affirmation de son indépendance et son développement ». Cette pensée de Afrik- pagba, Fadilatou en a fait sienne.

Dans toute réalisation, il y a bien une source de motivation

Les merveilleuses réalisations de la jeune entrepreneure ont un secret. Sa source de motivation, confie-t-elle, c’est Saramania (Tout pour la séduction), un groupe Facebook composé de femmes et de jeunes filles qui s’entraident mutuellement et qui fait du e-commerce. Elle doit sa réussite à ce groupe dirigé par « Mimi mossi », surnom de la présidente de « Saramania ».

C’est d’ailleurs elle qui l’a beaucoup encouragée. « Les merveilles de la nature » est devenue une entreprise familiale, car le frère cadet de Fadilatou est le chargé commercial et sa mère lui donne un coup de main dans ses projets. Son père, qui était un peu réticent au début, se laisse convaincre petit à petit. Très loin d’être une contrainte, c’est un métier qu’elle exerce avec beaucoup de passion. « Être dans la fonction publique, c’est bien ; mais savoir faire quelque chose de ses dix doigts, c’est encore meilleur. J’ai toujours eu la vocation d’entreprendre », affirme Fadilatou Kaboré.

« Les merveilles de la nature » est située à Samandin, non loin de la pharmacie Vidal. Ouagadougou est l’une des trois villes où elle stocke « ses bébés », une façon pour elle de dire qu’elle aime ce qu’elle fait. Il y a également les villes de Pô et Yako. Les pommes de terre, oignons et autres légumes sont également vendus en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo et au Niger.

L’entreprise de Fadilatou va désormais au-delà des frontières et bat son plein. Elle ne se laisse surtout pas décourager par les difficultés. « Je me sens mieux dans cette affaire », dit-elle toujours avec conviction. Son désir le plus ardent est de pouvoir ouvrir de nombreux autres magasins et avoir des fourgonnettes pour le transit. Elle encourage les jeunes à entreprendre, car c’est la meilleure voie de développement personnel et social.

P.M. OUEDRAOGO

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