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Le Ten-peelem : Une arme contre le terrorisme ?

vendredi 21 avril 2017

Dans cet article, nous vous proposons un résumé de l’exposé sur le Ten-peelem (la Mère- terre), de l’écrivaine Justine Marie Philippe Ouédraogo. Pour celle-ci, le Ten-peelem est le meilleur juge, et la solution aux différentes crises que traversent notre pays, se trouve en elle. Qu’est-ce que le Tenpeelem ? Comment l’invoquer ? Son mode d’emploi ? Comment échapper à son jugement ? Eléments de réponses !

Le Ten-peelem en langue nationale mooré, est composé de deux mots à savoir, la racine « tenga » qui signifie « terre » et du suffixe « peelem » qui veut dire blancheur, pureté, innocence, honnêteté. C’est donc dire que le Ten-peelem » signifie « terre juste » ou « justice de la terre », en un mot le « Juge ». Selon Justine Marie Philippe Ouédraogo, le Ten-peelem est la grande boussole en matière de justice et pourrait être d’une utilité dans la résolution des différentes crises que traverse depuis quelque temps notre chère nation, le Burkina Faso car dit-elle :« Il a déjà fait ses preuves dans certaines sociétés et pourrait encore imposer la discipline de nos jours ».

Foi de Marie Ouédraogo, l’invocation du Ten-peelem peut se faire dans plusieurs situations :

Pour un besoin de justice, lorsqu’une personne est victime d’injustice (accusée à tort de vol, d’adultère, de sorcellerie, etc. dans tout autre litige sur le foncier ou sur tout autre bien, etc.) ; qu’elle a eu recours à toutes les institutions humaines de justice (police, gendarmerie, médiateurs, palais de justice, etc.) ; et n’a pas eu gain de cause, elle peut, en dernier recours, réclamer justice à la Mère-Terre c’est-à-dire le Ten-peelem. « Alors, comme une bonne mère qui départage équitablement ses enfants, cette dernière innocente, répare les torts, réhabilite, pardonne et réconcilie. A l’inverse, elle démasque le coupable et l’invite à la repentance. Si celui-ci refuse de se repentir, alors, sa rébellion peut l’humilier, l’aliéner, le ruiner, ou même lui coûter la vie, et souvent celle de toute sa famille ou de tout son clan », a-t-elle renchéri.
Et de préciser que pour la plupart des cas, le Ten-peelem s’attaque d’abord à tous ceux qui sont un appui pour le coupable avant d’atteindre inévitablement ce dernier. « Son jugement est souvent lent car la terre est magnétique. Pour une justice rapide, c’est au ciel qu’il faut faire recours car il est électrique », a-t-elle expliqué.

Toujours selon cette dernière, pour un besoin de protection, l’on peut également avoir recours à elle, et en tant que Mère, elle garantit sa protection si l’intéressé marche dans l’intégrité, et c’est là, la condition, être intègre.

En outre, pour la résolution des problèmes modernes de la société, l’on peut s’adresser à elle si l’on s’en tient aux propos de Marie Ouédraogo. Pour elle, la connaissance du Ten-peelem, la prise de conscience de son efficience et l’adhésion massive à sa pratique peut donner un coup de frein à la corruption car déclare-t-elle « l’homme intègre refuse de corrompre et de se laisser corrompre ; ne revendique pas des droits car il sait que son droit est le devoir de quelqu’un d’autre et vis-versa ; les femmes pourront refuser de laisser leur foyer entre les mains ennemies ; les problèmes d’incivisme trouveront leur solution dans l’engagement de tous à connaître et à mettre en pratique le Ten-peelem. La particularité du Ten-peelem, c’est que la Terre peut aller à la poursuite des ennemis cachés et de leurs complices partout où ils se trouvent. Peut-être sera-t-il l’arme contre le terrorisme ? », s’interroge-t-elle avant de donner son mode d’emploi.

Deux pratiques

Selon la communicatrice, il y a deux pratiques en la matière. La pratique ancestrale où les coutumiers (et non les traditionnels) offrent du sang d’animaux, du fait de leur innocence, pour stimuler l’action de la terre. Dans certaines localités, les antagonistes sont priés de se présenter chacun avec un poulet et du dolo et la pratique spiritualiste du Ten-peelem telle qu’il a été révélé.

« De nos jours, il est estimé que le sang versé par les martyrs de tous les âges est largement suffisant pour réclamer justice à la Terre : chacun peut entrer en contact avec la terre pour lui parler partout où il se trouve, par simple imposition de la paume de la main, ou en y versant de l’eau fraîche. C’est gratuit et c’est universellement accessible. C’est la justice pour tous. Dans tous les cas, c’est une obligation pour la partie demanderesse de notifier l’invocation à la partie adverse afin de donner la possibilité à celle-ci de se repentir » », a-t-elle martelé avant de dire comment l’on peut échapper au jugement du Ten-peelem.

La clé pour échapper au jugement du Ten-peelem, précise l’écrivaine, c’est l’intégrité. Et pour elle, les Burkinabè doivent savoir que par le simple fait que notre pays, s’appelle « Burkina », nous avons implicitement fait appel à l’Esprit Cosmique dans la gestion des affaires du pays, que nous en soyons conscients ou non. Or, l’injustice est à son comble ; c’est cela qui est essentiellement la cause des troubles dans notre nation, elle qui est censée être la lumière pour les autres nations.

« Le contexte actuel du Ten-peelem est spiritualiste et il prend en compte toutes les sensibilités confessionnelles et s’appuie non seulement sur les livres sacrés des religions révélées (Bible et Coran) mais aussi certains livres volontairement cachés afin d’effacer les traces d’un peuple jadis éclairé. Le Coran renseigne sur les envoyés et souligne leur origine. Il ressort avec certitude que Thomas Sankara, Blaise Compaoré, Henri Zongo et Jean-Baptiste Lengani sont les principaux concernés ; Thomas Sankara était l’avertisseur du peuple noir et sa mission consistait à révéler la ville du Père (le Faso) dont le burkindlim (l’intégrité) est légendaire. La 80ème Sourate ou Sourate ABASA parle d’un signe prophétique qui s’est accompli dans notre pays avec les ABC, les Amis de Blaise Compaoré.

A partir de la révélation des livres saints, nous avons la certitude que les traces des hommes intègres ont été volontairement effacées et cachées au monde. Or, il était impératif que ces hommes soient réhabilités », a confié Justine Marie Philippe Ouédraogo.

Rita Bancé/Ouédraogo
Lefaso.net

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