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Le rapport « les femmes, l’entreprise et le droit 2016 : Prévenir à l’égalité » à la loupe des experts de la Banque mondiale

jeudi 10 novembre 2016

Ouagadougou abrite les 10 et 11 novembre prochains, un atelier de lancement du rapport « les femmes, l’entreprise et le droit 2016 : prévenir à l’égalité » du Groupe de la Banque mondiale (GBM) en collaboration avec le ministère en charge de la femme. En prélude à cet atelier, des experts du GBM conduite par la représentante résidente, Tazeen Hasan, veut permettre à l’opinion nationale et internationale de s’imprégner du contenu dudit rapport. C’est ce qui a motivé l’organisation d’une conférence de presse, le mardi 8 novembre 2016 à Ouagadougou.

L’existence de différences de traitement juridique entre hommes et femmes est un phénomène courant. En effet, 90% (155/173) des économies étudiées avaient au moins une loi qui entravait la capacité des femmes à poursuivre des opportunités économiques. C’est en substance ce qui ressort du rapport « les femmes, l’entreprise et le droit 2016 : Parvenir à l’égalité », présenté à la presse ce mardi 8 novembre 2016. En effet, depuis 2009, le rapport « les femmes, l’entreprise et le droit » accueille des données sur les obstacles juridiques au travail et à l’entreprenariat féminin afin d’éclairer le dialogue et de promouvoir la recherche sur les liens entre la loi et les perspectives économiques des femmes.

Selon la représentante du Groupe de la Banque Mondiale (GBM), Taleen Hasan, « lorsque les différences de traitement juridique entre hommes et femmes sont plus nombreuses, une femme a non seulement moins de chances de suivre des études secondaires, mais elle a aussi moins de chances de travailler ou de diriger une entreprise. Par ailleurs, si elle parvient à obtenir un emploi ou à diriger une entreprise, une femme tendra à gagner moins qu’un homme ».

Le rapport 2016 s’est appuyé sur sept indicateurs, à savoir : l’accès aux institutions, jouissance de la propriété, obtention d’un emploi, incitations au travail, actions en justice, accès au crédit et protection des femmes contre la violence à l’égard des femmes. De nouveaux domaines sont couverts par ces indicateurs. Il s’agit, selon la représentante du GBM, de la législation sur des questions telles que l’absence de discrimination dans l’accès au crédit, le congé pour s’occuper d’un parent malade, l’âge légal du mariage et les ordonnances de protection pour les victimes de violence domestique.

Ainsi, on dénombre 164 différences de traitement juridique entre homme et femme dans 21 économies de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Egalement, les femmes se heurtent à des restrictions à l’emploi fondées sur le sexe dans 19 autres économies d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Dans cette même dynamique, 30 économies, que sont la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (18), Afrique subsaharienne (8), la région Asie de l’Est et Pacifique (2) et en Asie du Sud (2), affichent au moins dix différences de traitement juridique.

Cependant, la représentante du GBM a révélé qu’au cours des deux dernières années, 65 économies ont adopté 94 réformes visant à améliorer les perspectives économiques des femmes. Et la plupart de ces reformes ont été introduites dans des économies en développement. « Au total, 19 réformes ont été adoptées en Europe et en Asie centrale, 18 en Afrique subsaharienne, 16 dans la région Amérique latine et Caraïbes », a-t-elle indiqué. En effet, l’obtention d’un emploi est le domaine qui a enregistré le plus de réformes (26). Il est suivi par la protection des femmes contre la violence (23) et l’accès aux institutions (18).

Par ailleurs, quelques préoccupations ont été émises au cours des échanges par les journalistes. Au nombre de celles-ci figurent les solutions prises par la GBM pour améliorer les perspectives économiques de la femme. Quant à la question portant sur les statistiques des femmes à travers le continent africain, la spécialiste principale en charge du développement du secteur privé, Alice Ouédraogo a rétorqué : « La Banque mondiale n’a pas les statistiques ». Et de poursuivre : « Vous posez un problème qui est vraiment réel mais seulement, il faut le poser dans l’autre sens, pourquoi la Banque mondiale prendrait des statistiques ? Est-ce que le pays même sort des statistiques ? Je travaille sur le climat des affaires en général, la plus grosse difficulté qu’on a, c’est de tirer des statistiques d’une administration dans un pays (…) ».

La seconde phase de cette conférence de presse a porté sur l’atelier des 10 et 11 novembre prochains. Ainsi, ils sont plus de 150 participants à prendre part aux travaux dont l’objectif principal est de vulgariser le rapport 2016 qui dissémine les résultats des recherches et d’analyse de l’environnement légal de 173 économies à travers le monde.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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