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Aminata Sanou, danseuse chorégraphe : « J’ai renoncé à mon BEPC pour représenter le Burkina à une rencontre de danse »

vendredi 21 août 2015

Danseuse, elle l’est, et passionnément. Née d’un père forgeron et d’une mère griotte, elle est la benjamine d’une famille de six enfants dont quatre sont des artistes professionnels qui font la fierté de la culture burkinabè, au pays et à l’international. Directrice de la Cie Aminata Sanou-Tamadja International, Aminata Sanou, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, réside à Carvin, en France. Elle est mariée et mère d’un enfant.

« Je m’appelle Aminata Sanou, je suis née le 21 Août 1987 à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso d’un père forgeron Abdoul Karim Sanou et d’une mère griotte Fatoumata Dembélé dite Watta. Nous sommes six frères et sœurs dont quatre sont des artistes professionnels. Je suis la directrice artistique de la Cie Aminata Sanou-Tamadia International et des rencontres artistiques et culturelles à Carvin « Festival Tamadi’Arts ». Je vis à Carvin, dans le nord de la France depuis 2011 où je mène mes activités ». C’est ainsi que se présente Animata, affectueusement appelé Ami, danseuse professionnelle. Née au Burkina et ayant grandi à Bobo-Dioulasso, Ami confie avoir appris la danse traditionnelle dès son jeune âge. « C’était lors des cérémonies de mariages et de baptêmes » se souvient-elle encore, des cérémonies au cours desquelles elle a côtoyé de grandes figures de la danse et de la musique traditionnelles. En effet, à 5 ans déjà, Ami était une fierté pour sa maman qui se plaisait à faire des vidéos de ses « prestations ». C’était, pour cette mère, confie la danseuse de rappeler plus tard à sa benjamine sa passion, son passetemps favori.

Savoir pour expliquer la danse

La danse, à en croire Aminata s’est imposée à elle. Un héritage, pourra-t-on dire. De l’arrière-grand-mère en passant par la grand-mère à la maman, les familles Sanou et Dembélé ont toujours chanté, dansé et joué de la musique. Bercée dans cette ambiance, la jeune fille a voulu valoriser ces connaissances combien importantes de la culture burkinabè. En effet, dit-elle : « l’envie de me professionnaliser dans la danse m’a été donnée par mon grand-frère Aguibou Bougobali Sanou ». Il est par ailleurs le directeur du festival In Out Dance Festival qui a lieu tous les ans à Bobo-Dioulasso. Convaincue de son art, la jeune danseuse a voulu apprendre, comprendre, maitriser mais aussi et surtout, savoir pour pouvoir mieux l’expliquer.

Tout aurait commencé en 1996/97, lorsqu’avec le directeur du festival In Out Dance, ils participent au concours dénommé Top Vacance culture avec le groupe les anges noirs d’Accart-Ville. Aminata n’avait que 9 ans. « Mon frère Aguibou et moi avons fait une prestation en duo », rappelle-t-elle. Encouragés par leur mère qui croyait fortement en ce qu’ils faisaient, « watta » leur disait toujours qu’ils allaient beaucoup voyager s’ils persévéraient.

En 2005, son frère et acolyte l’inscrit à la formation de danse contemporaine organisée à l’Institut français de Bobo-Dioulasso et animée par Salia Sanou, Ousseini Sako de la Cie Salia ni Seydou. Initiée, Aminata, devait prendre maintenant son destin en main. Elle donne des cours à des touristes européens en visite à Bobo-Dioulasso.

Le BEPC ou le Sénégal ?

En 2005, la chorégraphe bobolaise devait passer son brevet d’études du premier cycle (BEPC). Et le jour où elle devait représenter le Burkina Faso à une rencontre internationale de la Copoeira sur l’île de Gorée au Sénégal était jour de composition. Que faire ? Entre son examen et son voyage, le choix a été vite fait : celui d’aller à sa rencontre. Le Sénégal est donc le premier pays africain qu’Ami a visité grâce à sa danse. Ensuite le Maroc avec le spectacle Signe et Sens, une création collective. L’Allemagne aussi pour un projet de lutte contre le racisme. Avec ce projet, Ami a fait le tour des instituts français du Maroc, puis l’Allemagne. Aminata obtiendra plus tard une bourse de formation du centre national de la danse de Pantin à Paris, Profession artiste, un équivalent du diplôme d’Etat en 2010. Elle repartira, la même année à Dakar au Sénégal, pour une formation professionnelle. Lauréate du programme Visa pour la création de l’Institut français de Paris, elle a reçu 5 000 Euros pour la création de son solo « Une autre » en 2011 en France. Un succès qui lui vaudra des tournées en Italie, en Hollande, en Martinique et un peu partout en France ; pour des stages ou encore pour des prestations et autres projets artistiques.

Cie Aminata Sanou-Tamadia International, une compagnie pas comme les autres !

Pourquoi ne pas créer une compagnie pour davantage capitaliser ce qui existe déjà ? S’était demandé Ami qui avec l’aide de son frère a mis en place la Cie Aminata Sanou-Tamadia International en octobre 2011. « Deux mois après nous avons commencé les activités qui ont abouti à la création du festival Tamadi’Arts, autrement, les rencontres artistiques et culturelles à Carvin. Un festival pluridisciplinaire qui œuvre pour la valorisation des cultures africaines », explique la danseuse. Pendant l’année scolaire –Septembre à juin- Aminata et son équipe font une programmation riche en couleurs : atelier de danse, percussion, art culinaire et vestimentaire, expo-vente, conférence, workshop, Master class, etc.

Valoriser et encore valoriser l’Afrique….

Aminata Sanou croit en l’Afrique, en ses potentialités culturelles et artistiques. D’où son acharnement afin que son festival –Tamadi’Arts- grandisse. « Nous faisons tout pour que le festival grandisse. Mon vœu est que dans l’avenir, il devienne le plus grand festival pluridisciplinaire qui valorise l’art et la culture de notre continent », espère la jeune danseuse qui voudrait également montrer, sensibiliser à travers ce festival que l’Afrique n’est pas que les guerres, les famines, les maladies et les coups d’Etat comme on a l’habitude de le faire croire en Europe. Elle a aussi en projet la construction d’une bibliothèque audio et visuelle afin de recenser les danses et les musiques sacrées et profanes du Burkina. A cela s’ajoute la construction d’une école de danse où sera enseignées les danses traditionnelles des cinq continents. A la question de savoir si la jeune danseuse rencontre des difficultés : « c’est une évidence » réplique-t-elle, mais, a-t-elle poursuivi : « Il faut toujours se battre, travailler très dur. Il faut toujours lire et comprendre ». Aller vers l’inconnu, être ouvert, curieux en essayant de toujours se démarquer du lot, sont les autres, « remèdes » de « réussite » selon Aminata Sanou. Surtout ne compter que sur soi-même.

Bassératou KINDO
Lefaso.net

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